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Événements culturels et expositions temporaires.

Elia L.

J. J. Amaworo Wilson

Les moutons électriques

8,90
par (Libraire)
4 avril 2021

Le silence jaune des terrains vagues
Le bruissement continu d’une invasion de moustiques mutants
La chaleur insoutenable du béton brut
Le son net des machettes qui entaillent les chairs
...

Broyés par l’immense et violente mégalopole Favelada, des êtres à la dérive, que seule la misère tient réunis dans le creux de sa main, trouvent refuge dans une tour abandonnée de 60 étages. Ils sont près d’un millier et se refusent à l’exode. Ils prennent pour guide l’Espoir, incarné par Nacho, petit boiteux borné et fin conteur, joueur d’échecs et traducteur.

Cette histoire est celle de ces laissés-pour-compte, celle d’une lutte universelle, acharnée et sensationnelle pour avoir droit à un bout de silence et un estomac plein, pour trouver paix et dignité. Les obstacles seront grands, pour n’en citer que quelques uns: plusieurs générations d’exploiteurs et expropriateurs, des crocodiles affamés ou encore la déchirure du Ciel...

Dans ce premier roman tout à fait inclassable, tout bruisse, tout fourmille: en un choc bigarré se rencontrent le réalisme magique, la fiction sociale, le fantastique, les mythes, le far west ... dans un paysage de fin du monde.
Il y a un côté chaotique dans l’écriture de J.J. Amaworo Wilson, le souffle épique d'épisodes bibliques en même temps que la tranchante évocation d'un monde à la Cormac McCarthy (La Route). L’auteur prend un malin plaisir à ne pas choisir son camp, il nous ballotte d’un univers littéraire à un autre et nous laisse tout.es dérouté.s!

Surprenant, impétueux, jubilatoire!

par (Libraire)
4 avril 2021

Après L’Estrange malaventure de Mirella, formidable réécriture contemporaine du joueur de flûte d’Hamelin, c’est au conte de la princesse au petit pois que l’auteure s’attaque aujourd’hui avec son D’Or et d’oreillers, et c’est GÉNIAL!

Cette histoire de jeune fille choisie pour sa délicatesse et sa fragilité est ici pulvérisée pour laisser place à un tout autre récit: un jeune lord qui cherche épouse? OUI. Un lit haut d’une bonne dizaine de matelas et une (ou trois) nuit d’épreuves? OUI. Le poids des conventions de cette Angleterre puritaine? OUI, certes... Mais Flore Vesco balance tout ça dans un shaker audacieux d’irrévérence, d’inattendu et d’enchantement pour tout retourner et vous emporter jusqu’au bout de la nuit!

C’est magnétique, magique et extrêmement sensuel, à dévorer en quelques heures!

par (Libraire)
24 février 2021

Une formidable et audacieuse réécriture du conte bien connu des frères Grimm, Le Joueur de flûte de Hamelin.
Nous suivons, comme posés sur son épaule, Mirella, jeune porteuse d’eau au service de la population d’Hamelin, écrasée par la canicule.
La ville bruisse: les cloches ne cessent de sonner, elle court de maison en maison avec ses deux seaux bien remplis, les rats soudainement envahissent chambres à coucher barricadées et arrière-boutiques, la peste prend ses quartiers sans crier gare.
Petit à petit, notre héroïne réalise qu’elle a un rôle à jouer immense dans cette épidémie afin d’éradiquer la maladie et de sauver les gens qu’elle aime. Il lui faudra, en chemin, rencontrer la reine des lépreux, adopter un petit garçon fragile, lutter contre la corruption et ... frayer avec un étonnant adversaire!
L’univers de Mirella, enfant trouvée, est sans pitié: loin des fleurettes, poussent ici, au milieu du purin, de redoutables roses.
C’est une plongée au cœur du Moyen-Âge, avec ce que ces temps contiennent de violence (notamment pour les femmes) et de fascination.
Une héroïne qui se découvre forte et puissante, de la magie, une langue pleine d’invention en vieux français fantaisiste (pour lecteurs aguerris donc)...
Un très beau récit de liberté au féminin qui n’a de cesse de nous surprendre!
E.

Anne-Marie Métailié

18,60
par (Libraire)
24 février 2021

Nous sommes à Córdoba, en Argentine.
Une poignée d’orphelines se rêve famille uniquement composée de sœurs et partage les trottoirs, résistant ensemble, perchées sur leurs aiguilles ou leurs plateformes, aux vents mauvais.
Cet archipel de solitudes fait communauté et cette communauté hurle: être trans est une fête!
Entre deux clients, au cœur du parc Sarmiento, Tante Encarna, redoutable et truculente reine aux seins gorgés d’huile de moteur, trouve une nuit un bébé abandonné: ô bienheureux enfant qui, dans son malheur, ne pouvait trouver meilleures fées-marraines!
Aucun misérabilisme ni voyeurisme dans ce formidable premier roman: C’est un conte de survie furieuse et d’infinie tendresse.
Être trans est une fête mais c’est aussi une malédiction: l’humour et le rire de ces divas-sans-sommeil en quête assoiffée d’Amour côtoient ce que la haine et la peur de l’Autre ont de plus odieux. La métamorphose de l’une d’elles en oiseau se fait alors écho de la trajectoire de Camila, le personnage principal, battant continuellement des ailes pour ne pas tomber et cherchant désespérément où se (re)poser enfin.
De leurs larmes éternelles comme la neige, elles créent tantôt des bijoux, tantôt des lames de rasoirs et « celles de nous qui restent brodent des paillettes sur nos linceuls ».
Superbe!
E.

Escampette Éditions

13,00
par (Libraire)
24 février 2021

"La première fois que je te vois, tu danses.
Sous une table, entre deux chaises, tu tournes, tangues, vrilles, virevoltes, te tortilles, vires de droite à gauche, sautilles, chancelles, t'élèves, gambades... Bondissante.
Une véritable danseuse.
Tombée du nid, c'est ce que je comprends après t'avoir observée un moment.
Ne sachant pas encore voler, tu danses.
"Dansez, dansez, sinon nous sommes perdus", sembles-tu murmurer avec Pina."

À plusieurs reprises, Karen Dutrech a trouvé sur son chemin des oisillons esseulés. Elle a accueilli, protégé, nourri ces fragiles étourneaux, martinets, moineaux le temps d'une mue ou d'une convalescence, pour les voir, après quelques semaines ou mois, prendre leur envol pour de bon.
Ce très court ouvrage est un écrin de douceur et d'intelligence.
Ce chemin de rencontres avec le Sauvage a modifié très profondément le rapport de la narratrice au monde: il est pavé de moments de grâce subtils et pépiants!

"Au fil des oiseaux avec lesquels j'ai noué commerce, j'ai remarqué que cette sorte de fusion, de compagnonnage s'effritait sous l'emprise de la loi biologique : l'heure de l'envol correspond au dénouement de la mue (octobre-novembre).
Comme si, soudain, je ne parvenais plus à m'aligner sur votre partition musicale (la vivacité explosive), comme si le tressage de nos "régions" respectives atteignait une limite, ou plutôt deux: celle de la pesanteur et de l'éminemment sauvage.
L'irrémédiable absence d'ailes et la civilisation."
À dévorer!
E.