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Sélection de jeux de société. Espace café-salon de thé.

Événements culturels et expositions temporaires

Brice F.

Guillaume Lebrun

Christian Bourgois

20,50
par (Libraire)
18 août 2022

Une Divine Diablerie

Oyez ! Oyez ! Pucelles et puceaux !
Bourguignons et pourceaux !
Vous, Princes d'Or-Azur
Acoquinés à la biture !
Oyez ! vous, Marquises des anges !
"Envoyées aussitôt vers les flammes et puis la fange" !
Oyez donc de vos esgourdes la prodigieuse story de la Dame Yolande,
Dite d'Aragon : YO est sien surnom.
Voici le pitch, sans previously on.

Le XVe siècle est jeune en Royaume de France, les Englishes sont partout
Et imposent à chacun leurs immondes how do you do.
Bourguignons méphitiques, voire syphilitiques, suivent comme des dogs.
C'en est trop pour icelle nommée plus tôt, la bien-dénommée YO.
Un soir, en sa sienne chambrée, YO entend voix, un Maître incognito
Dicte siennes volontés : Bouter les englishes hors de France,
Désosser Bourguignons par le fer de la lance.
"Kill them all", dit la voix, "pour la gloire de Chtullu".
Et même si cela, ma foi, est un peu flou,
YO se lance dans sienne grande Croisade.
Elle compose une école, une armée de pucelles, ou à peu près.
Les armes, les lettres, les grandes Femmes lettrées,
Guérillères fameuses, à venir ou passés.
Bref : un commando de Jehanne(s), sacrément entraînées.
L'Histoire les attend, écoutez la conter.

Le Sieur Lebrun ( hail to the King ! ) est fin troubadour.
Un aède, un scalde, sienne langue est de velours.
Icelle imagination, verbe haut, drôle et fort,
N'est que virtuosité, rigolade et trésors.
Il revisite Jehanne d'Arc, sienne histoire et l'empoigne,
Convoque Sainte Wittig et Marie-Claudette de Charlemagne.
( Oui, icelle-même qui rêve de marabouts d'Afrique. )
Jehanne en icône queer, saphique, et absolue,
De sa langue elle bande, et de sa fougue elle tue !
C'est un régal de lecture qu'icelui grimoire venu.
Yolande et Jehanne la Douzième vous attendent,
Icelles sont deux fières, magnifiques diablesses :
Oui, le I grec est beau, et le J c'est le S.

Dinguerie de livre qu'icelui,
Diablerie de langue, d'idées et de ries,
Hui disponible en notre librairie,
Et pour tant de génie,
Vous n'êtes point ready.

par (Libraire)
23 juillet 2022

Empruntant son titre à Chrétien de Troyes, "Ceux qui vont par les étranges terres, les étranges aventures quérant" est un texte d'une puissance évocatrice rare, pleine de finesse, érudition, et humanité. Des textes qui se disent, s'écoutent, se crient, se chantent tant à chaque mot, à chaque phrase le rythme et la musicalité nous emportent sur ces chemins, ces routes qu'il faut tant de courage pour emprunter.

"Qui possède une langue ne se perd pas."

20,00
par (Libraire)
25 mai 2022

Sous la plume de Claire Duvivier, le deuxième tome nous avait fait rentrer à Dehaven, cité austère et feutrée. Là, dans les pas d'Amalia, nous avions suivi les évolutions psychologiques des personnages, découvert progressivement Nehaved, et réfléchi sur le colonialisme, l'éducation et la fragilité d'une société inégalitaire.

La Tour de Garde est de retour avec Trois Lucioles, troisième tome de la Saga, et l'on revient à Gemina, la Capitale du Sud dont Guillaume Chamanadjian est en charge. Et c'est un vrai plaisir que de retrouver Nox dans son exubérante et explosive cité, au moment exact où nous l'avions quitté !
La guerre civile couve, alors que les tensions entre les cinquante clans de la Cité se font de plus en plus violentes et insidieuses. Nox, plus sombre et écartelé par de nombreux choix à faire, s'enfonce de plus en plus souvent dans le Nihilo, la Cité-Miroir où l'invisible est révélé, le temps et l'espace distordus...Au final, la tentaculaire Gemina s'affirme un peu plus comme la principale protagoniste de l'histoire, et bravo à Guillaume Chamanadjian de si bien réussir à nous immerger dans ses détails, circonvolutions, spécificités !

Un passionnant troisième tome au rythme soutenu, aux intrigues multiples, et au final explosif qui nous amène à regarder avec impatience vers le Nord ! Vite !

par (Libraire)
16 mai 2022

Court bijou d'une centaine de pages, ce Serpent des Blés est un plaisir cinématographique, ciselé dans la lumière des matins d'été. Dans un instantané sépia, irisé du jaune des blés, du bleu d'une camionnette ou du rouge vif d'un chapeau, se dessinent les contours d'un récit vif et mordant, à la manière de ces serpents qui se glissent entre nos jambes pour disparaître à tout jamais.

par (Libraire)
13 mai 2022

Un matin de 1972 François, dit "Narval", franchit les portes des Chantiers navals de La Seyne-sur-Mer. Là, dans les pas de son père, ajusteur, et le fracas des Machines, la graisse, la sueur, Narval va faire son apprentissage d'ouvrier, d'homme, de camarade. Autour de lui, ils s'appellent entre eux Cochise, Mangefer, Barbe, l'Horloger.
Lorsque brutalement les Chantiers navals ferment, à la fin des années 1980, démarre alors le temps de la lutte, sociale, syndicale. Et plus cruelle encore, la lutte contre l'amiante qui lentement dévore les corps...

Avec pudeur, tendresse et une écriture remarquablement fine et concise, Christian Astolfi chronique ce lent effondrement d'un monde ouvrier, sur quarante ans d'évolution politique et sociale, d'espoirs et désillusions ( je l'ai lu à sa sortie début avril, vous voyez le contexte ? ).
Première publication de la toute jeune et prometteuse maison d'édition Le Bruit du Monde, "De notre monde emporté" est un roman admirable, qui rend hommage à ces vies d'hommes sacrifiées sur l'autel de la productivité, de la "restructuration économique", et du scandale de l'amiante.
À lire absolument.